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Hommage à FRÉDÉRIC BACK

Nature Québec, Centre culture et environnement Frédéric Back, à Québec

C’est une joie et un honneur pour moi de rendre hommage au génie créateur d’un homme vraiment enraciné, grand poète de l’image qui, toute sa vie, s’est engagé à célébrer la beauté de la nature et, ce faisant, à la protéger de toutes les pollutions.

Illustrateur de renommée internationale, créateur de décors et de maquettes pour de nombreuses émissions culturelles, éducatives et scientifiques dès 1952 à Radio-canada, Frédéric Back a réalisé des films d’animation qui sont acclamés sur tous les continents. En démontrant que l’art engagé est possible et valable, il est devenu un exemple convaincant pour tous les bénévoles qui donnent leur intelligence et leur temps aux différentes organismes qui militent pour la protection de l’environnement.

Pendant plus de 40 ans, Frédéric Back a exprimé, par ses dessins et ses films, l’importance d’une société en harmonie avec la nature. En réalisant des films sur l’environnement, il souhaitait donner au grand public des raisons d’espérer et des motivations à agir auprès des gouvernements. Il souhaitait que ses oeuvres soient des outils d’information, de sensibilisation et de mobilisation pour des éducateurs, des activistes et des festivals en lien avec l’environnement. C’est pour cette raison qu’il a appuyé plusieurs organismes voués à la cause d’une symbiose intelligente, respectueuse de toutes les formes de vie.

Dès 1968, il s’implique de très près dans le mouvement écologiste. Il contribue aux actions de la Société pour Vaincre la Pollution (SVP) en créant des dessins, des affiches et en plantant des arbres le long des berges ou des autoroutes.
« Je continue de dénoncer la violence avec laquelle on manipule tous les éléments de la planète, dit-il. Les torts causés aux arbres, aux cours d'eau, aux cultures et aux animaux ont fini par mettre la vie de l'homme en danger. » 
En tant que citoyen et artiste bénévole, Frédéric Back a dénoncé l’illusion du progrès promis par les industries de l’avidité, s’est élevé contre toutes les pollutions, a milité pour la sauvegarde des forêts et pour une agriculture durable et s’est porté à la défense des animaux. Il s’est engagé dans une multitude d’autres causes: la lutte contre l’élevage intensif, les pollutions urbaines et industrielles, la chasse sportive, les pesticides, la surpêche. Puis, il est devenu Porteur d’eau à la Coalition Eau Secours! pour qui il a créé de merveilleuses affiches.
« Je suis honoré, dit-il, de devenir membre d’Eau Secours!, de rejoindre un regroupement de personnes clairvoyantes, dévouées à la préservation des valeurs essentielles que sont la qualité de vie, le bonheur et la beauté terrestres. » 
 C’est pourquoi Martine Chatelain, présidente de la Coalition québécoise Eau Secours! pour une gestion responsable de l’eau, a répondu à l’invitation de Nature Québec et tenu à venir rendre hommage à l’un des premiers Porteurs d’eau d’Eau Secours! qui en compte aujourd’hui 80.

À l’instar de son personnage Elzhéar, Frédéric Back a planté ses 10 000 arbres.

L’homme qui plantait des arbres, l’un de ses chefs d’oeuvre, suscitera partout sur la planète, des mouvements spontanés de citoyens qui se mettront à planter des arbres. Pour réaliser ce film d’animation, il a travaillé pendant 5 ans pour dessiner lui-même, au crayon prismacolor sur acétate dépolie, quelque 20 000 dessins.

L’une des choses qui m’impressionne le plus chez Frédéric Back, c’est sa faculté d’équilibrer la dimension esthétique des ses dessins avec la dimension éthique des valeurs humaines qu’il propose. Par son implication profonde et continue dans le monde de l’environnement, Frédéric Back a fait oeuvre de pédagogie et de philosophie.

L’homme qui plantait des arbres : quelle sensibilité, quel raffinement, quelle splendeur! La subtilité de ses teintes en fondu, la grâce de ses mouvements, la transparence de son espace visuel font de chacune de ses oeuvres un ravissement pour les yeux et une élévation de l’esprit.

Un autre de ses chefs d’oeuvre : Le Fleuve aux grandes eaux nous raconte l’histoire du Saint-Laurent, colonne vertébrale de l’histoire, de l’économie et de la culture du Kébèk. En entrevue, il insiste sur l’urgence de soigner le fleuve, de lui laisser la chance de guérir en le dépolluant.

Ce qui me touche le plus dans la vie de Frédéric Back, c’est sa générosité, son espoir que les générations à venir trouveront, comme lui, le moyen d’être heureux de planter des arbres et de préserver toutes les beautés de la nature.

Bravo et merci, Frédéric Back.

Raôul Duguay, Représentant des Porteuses et Porteurs d’eau Coalition québécoise Eau Secours! pour une gestion responsable de l’eau.