<body>


BABYLONE

 
Dans cette belle Babylone
belle Babel toute enroulée dans l’or et l’argent
et qui se mire dedans et qui se mire dedans
narcisse à la boutonnière
les spéculateurs obèses se sont enivrés
Agenouillés devant leur eldorado visqueux
remplissant leur verre au robinet de leurs pipelines
empilant leurs profits dans leurs mégalopoles
ils cuvent le pétrole qui coule dans leurs veines
en chantant : Kalamazoo Kalamazoo Kalamazoo
et de la marée noire de leurs pensées avides
émanent des gaz à effet de serre qui étouffent l’azur

Les sales seigneurs de ce monde
dont l’esprit et le cœur sont pollués
chaque jour volent et profanent les fruits
du ciel de la terre et des mers
Dns l’or gris de leurs neurones corrosifs
ils concoctent la stratégie de tuer leur propre mère

Devenu de l’or rouge le sang des hommes
s’échange sur le marché mondial contre de l’or noir
L’or noir des conquistadors de l’économie
empoisonne l’or bleu essence de la vie
et leur soif du monde est à marée aussi haute
que le marchandage des glaciers fondants

 À la bourse planétaire grimpe grimpe
le prix de l’or jaune qui dort dans les coffre-forts
La pollution de l’or bleu contamine l’or brun
l’or brun des terres arables engraissées aux toxines
finit par infecter l’or vert des forêts
coupées à blanc avec des scies à mercure
Et les poumons de la planète étant perforés
la voix des peuples n’a plus d’oxygène pour crier
S.O.S !

S.O.S ! Le toit du monde est percé
en tombent les eaux d’un ciel acide et oxydé
S.O.S ! L’air n’est plus qu’un four à gaz
S.O.S ! L’eau potable se raréfie
S.O.S ! Il faut laver la terre entière à l’eau de javel !

Les sales seigneurs de ce monde
nageant dans les sables bitumineux
d’une économie sans humanité
carburant au profit contre la vie
 planifient de tuer leur propre mère

Apatrides apathiques monoglottes à numéros
ivres de mondialisation leurs transnationales
se flattant allégrement la bedaine
placent leur centre partout et leur périphérie
est à trois puces du grand nombril de dieu

Le savoir-vivre de cette civilisation explosive
stroboscope sa promotion en lettres de néon

Et l’air poivré de la liberté
ne se respire qu’avec un masque

Le monde se laisse dévorer par son ombre

Le temps est venu d’inverser le courant
Les marées noires de la pensée mercantile
ne sont plus à boire ne sont plus à boire
Le temps est venu d’inverser le courant
De remonter à la source de la nature humaine

Raôul Duguay

26 janvier 2013 - Station de Plein Air de Sutton