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LE BANJO SUR LA LUNE


Un hommage à Jack Treese, un ami disparu,
rencontré lors de l'une de mes tournées en France
dans les années 1970.


Dans le silence mélodieux des cieux
Sur son croissant de Lune haut perché
Pour tenir les étoiles éveillées
Jack Jack Jack joue du banjo

Assouvi de sa propre lumière
Buvant des yeux le bleu du clair de Terre
Et sur les lèvres son rayonnant sourire
Jack Jack Jack banjoue ses souvenirs

Pendant que l’écho de sa musique
Fait encore vibrer les cordes cosmiques
Sur son croissant de Lune hissant les voiles
Jack Jack Jack part à la pêche aux étoiles

À haute marée de sa mémoire
Remontant la rivière de son histoire
Faisant mélodie du nom de ses amis
Jack Jack Jack pour chacun pêche l’infini

Qui un jour a aimé
Qui un jour fut aimé
Pour toute l’éternité
Ne peut pas l’oublier

À la dérive de ses rêves
Quand monte la sève du désir
Que de détours que de détours
Avant de revenir
Au lit de ses amours

Chacun est le vibrant écho
Ou le pâle reflet
De la lumière de ses amis
De chair ou d’esprit
Partis pour l’éternel repos
Pour l’éternelle paix
Même si une seule personne
Nous a aimé vraiment
Même si on n’a aimé
Qu’une seule personne vraiment
Il aura bien valu
La peine et le plaisir
D’exister ensemble

Qui un jour a aimé
Qui un jour fut aimé
Pour toute l’éternité
Ne peut pas l’oublier

Dans l’autre vie
La vie infinie
Rien ni personne ne meurt
Et tout demeure
Au coeur de l’éternité
Nul ne peut oublier

Car l’amour est toujours
L’ écho l’écho l’écho de l’amour


Raôul Duguay
15 décembre 2011


L'eau! Pas une goutte de trop!


LABORATOIRE GESTES : HOMMAGE AUX POÈTES

Une production du Théâtre du Trillium, Hommage aux poètes était présentée dans la Salle Caisses Desjardins de La Nouvelle Scène (Ottawa, ON) les 9, 10 et 11 février 2012.

POÉSIES CHOISIES
Geste de Kira Ehlers

Il n’apparaît pas toujours et parfois quand on s’y attend le moins de Abel Neves
(extrait de Au-delà les étoiles sont notre maison — Éditions théâtrales 1999)

Geste de Magali Lemèle

Le voyage de Raôul Duguay
(extrait de Nu tout nu le rêveur réveillé — Éditions Trois-Pistoles 1997)
Magali Lemèle a choisi d’explorer un texte proche de ses racines québécoises en remixant le célèbre poème de Raôul Duguay, Le Voyage. Véritable socle de la poésie québécoise, l’auteur de La Bittt à Tibi a toujours vogué entre poésie populaire et textes engagés. Le public aura droit à un mélange explosif entre le monde imaginaire débridé de Magali avec l’un de plus beaux textes de la poésie québécoise.
Geste de André Perrier

La chambre d’écriture/Alice James de Louise Cotnoir
(extrait de Les soeurs de — Éditions du Noroît 2011)

Les Laboratoires Gestes se veulent un espace de liberté qui permet aux artistes d’expérimenter dans un contexte autre qu’une production régulière. Sur un an, les expérimentations germent, se transforment et se contaminent les unes les autres, au rythme des saisons qui passent et prennent forme dans un sprint final de deux semaines de répétitions, juste avant la présentation du spectacle, en plein cœur de l’hiver.

Plus d'infos :
Fiche du spectacle
Communiqué de presse
Site du Théâtre du Trillium


Journées Gong


Dimanche, le 4 décembre, en après-midi, Raôul Duguay était l'invité spécial de Stéphane Crête
lors des Journées Gong de HO Rites de passage.

Lieu de rencontre : Studio Caravane, 903 St-Zotique Est, Montréal.


L’ISLE HEUREUSE


Exposition 'D’aile en ailes l’élan vital' de Jean-Paul Riopelle
à la Galerie Lounge TD




Oies! Oies! Oies! Oies! Oies! Oies! Oies!

Des ailes des ailes des ailes

Des nuées d’ailes blanches

Font valser le ciel



Oies! Oies! Oies! Oies! Oies! Oies! Oies!

Invasion blanche sur la toile du ciel

Incandescence au bout des plumes dorées

Des ailes des ailes des ailes

Immense blanc banc de neige volant

Ailes blanches des anges allélouiant de lumière

Dans les champs immortels des pays d’en-haut



Oies! Oies! Oies! Oies! Oies! Oies! Oies! Hibou!

Totalement en transe dans sa danse

Le firmament ébarloui de bonheur

Swingue et s’enjazze

En oies blanches sauvages se métamorphose



Toutes les ailes dans le ciel

Ne font plus qu’une seule aile

Une aile infinie en forme de V

Oies! Oies! Oies!

En plein élan vital

Vers la victoire sur le vide

Vers le sud ensoleillé de l’espérance


Autour de l’éclair permanent

Éclatent les couleurs des saisons de l’esprit



Voyager voyager sur les ailes de la liberté

Ouvrir défricher les horizons du possible

Liberté! Liberté!



Aux quatre vents de l’imagination s’envoler

Ailleurs! Là-bas! Là-bas! Là-bas!

Ailleurs! L’espace! L’espace intérieur.

L’infini ouvre enfin ses ailes

L’espace-temps s’envole



Oies! Oies! Oies! Oies! Oies! Oies! Oies! Hibou!

Ça vole? Oui et vous? Ça vole?



Ailleurs! Ailleurs c’est ici!

En plein coeur des mouvements du vent

En plein tsunami de visions

Heureux d’écouter à deux

La symphonie des cercles silencieux dans l’azur



Pendant que roule la roue de l’éternité

Dans la ronde nuit du désir

Boire à deux la brume bleue

Qui plane sur les eaux du fleuve

Marcher à la crête des vagues

Et de la montagne à la vallée

Aller à la pêche à la beauté

Contempler la moisson de miroitements enfin

Baigner dans les eaux vives de l’amour



Et quand la nuit avale le visible

Que l’espace se ferme comme une huître

L’aveugle regard ne s’ouvre

Qu’avec le scalpel de l’étincelle dans la cervelle

Qu’avec la fusion des feux dans les coeurs

Quand l’espace est fermé

Enfoui dans l’ombre du doute

La clef qui ouvre la serrure du temps

Vers la vastitude de l’être

La clef qui ouvre la porte du pays d’en haut :

Une volière d’oies pagayant de l’aile

Sous le canot de glace

Et L’Isle-aux-Oies naviguant dedans

Oies! Oies! Oies! Oies! Oies! Oies! Oies!

Ô s’envoler encore vers d’autres cieux



Oies! Oies! Oies! Oies! Oies! Oies! Oies!



Les îles ont fui! Les îles ont fui!

Ne reste plus que l’Isle-aux-Oies

Bien amarrée aux vagues de l’amour

Ne reste plus que l’Isle heureuse L’isle-à-la-Joie



Aller aller aller encore et encore

Avec les mille ailes de la liberté

Aller rêver le premier rêve de la nature





À chaque instant

Au bout du pinceau de la truelle de l’aérosol

Partir à la conquête de l’inconnu

Sauter dans son destin

Tendre des pièges à la réalité

Peindre l’âme des choses

Rêver rêver un autre monde

Monter sur ses propres épaules

Pour voir venir l’avenir

Peindre des yeux à l’invisible

Peindre l'aura de la lumière

Peindre comme on respire

Et respirer l’Univers

Laisser se lever les grands voiliers d’oies blanches

De bruants-des-neiges de harfangs-des-neiges

Au plus profond de son souffle

Enfin sauter dedans la toile

Et disparaître à l’horizon de soi-même



Aller à l’Isle-aux-Oies l’Isle heureuse l’Isle-à-la-Joie

Y cueillir le plus grand des trésors

Aller à l’Isle-aux-Oies y boire à l’amour

Oies! Oies! Oies! Oies! Oies! Oies! Oies! Oies!?

Les oies s’envolent! Les oies s’envolent!

Et sur leurs ailes moi aussi





Raôul Duguay

24 octobre 2011


Ô Kébèk - Témoignages

Les mots lumineux de Raôul Duguay
« Il y a, en filigrane de ce texte Ô Kébèk, une poésie vibrante, tonique, nourrie d’une immense maturité et porteuse d’une multitude d’émotions. Certains y trouveront une dimension politique, un héritage culturel et/ou l’espoir d’un possible rassemblement citoyen. D’autres seront conquis sans réserve par les mots et leur claire ordonnance exclusive à Raôul Duguay. Ces mots lumineux font naître à l’orée de nos mémoires des images d’une telle précision et d’une telle intensité qu’elles prennent des dimensions cosmiques et universelles. Ces mots transhistoriques mesurés à l’aune des profondes convictions de leur auteur enrichissent le terreau de nos espoirs et suggèrent une démarche de fierté vers des horizons à nommer. Ces mots nés dans la solitude et le silence; mots de philosophe, mots de poète, mots de musicien rappellent que notre monde est aux premières marches des plus joyeux consentements.
Il nous reste à croire en "la soif d’un pays où règne l’abondance" et surtout cultiver précieusement "le courage de nous tenir debout" (Raôul Duguay, Ô Kébék)
Il faut reconnaître que dans cette solide matière textuelle, à travers une visible mainmise structurelle de cet hymne national se profile la vision humaniste et historique de Duguay rejoignant ainsi celles de nos grands poètes tels
Gaston Miron : "nous te ferons, Terre de Québec [...] c’est nous ondulant dans l’automne d’octobre, c’est le bruit roux de chevreuils dans la lumière, l’avenir dégagé, l’avenir engagé." (L’octobre. L’Homme rapaillé),
Paul-Marie Lapointe pour qui "les hommes marchent entre les murs abolis" (Réel Absolu)
Claude Gauvreau quand il affirme qu’il "faut poser des actes d’une si complète audace que même ceux qui les réprimeront devront admettre qu’un pouce de délivrance a été conquis pour tous" (La charge de l’orignal épormyable.)
Avec eux, Duguay chasse les ombres de nos mémoires et ceux qui aujourd’hui le condamnent devront un jour admettre que chaque mot possède une vie propre et que celle-ci engage un rapport à la conscience et donne une voix libre et authentique à l’Autre. »

Thérèse Bélanger, consultante en arts visuels
Notre-Dame-du-Portage.
16 juin 2011


Des paroles qui disent vrai

« Le ton méprisant et cynique de Patrick Lagacé est tellement gros qu'il se couvre de ridicule. Venant de quelqu'un qui a traité Wajdi Mouawad de "sale con" lors de l'affaire "Bertrand Cantat", il n'a aucune crédibilité à mes yeux. Mais, comme on lui donne beaucoup d'espace dans le journal, c'est tout à fait blessant et choquant. L'entrevue avec Nathalie Petrowski vient tout de même jeter un regard plus nuancé. C'est à l'écoute de cette belle musique que les gens seront conquis, mais aussi par les paroles qui disent vrai. Quand d'autres chanteurs se seront approprié cet hymne, quand d'autres arrangements verront le jour, quand des chorales chanteront de tout leur coeur, c'est à ce moment que la musique pénétrera dans le coeur des gens. On ne peut imposer un hymne de force; on doit compter sur sa force seule pour s'imposer d'elle-même. Et elle en a! »

Denis Gougeon, compositeur


Ô KÉBÈK (Ô Québec) : un hymne est beaucoup plus qu'une chanson


Il est des traditions auxquelles on ne peut guère échapper. Lorsqu’un jeune pays accède à l’indépendance et demande son admission dans le concert des nations, il n’oublierait pour rien au monde trois éléments essentiels: un drapeau, des armoiries et, bien entendu, un hymne national. Chaque État du monde possède aujourd’hui son hymne. Y compris ceux qui n’ont pas encore de reconnaissance officielle. Indispensable symbole, presque initiatique, ce chant permet d’ëtre reconnu en tant que nation souveraine, aussi bien d’ailleurs par le reste du monde que par ses propres citoyens.
Jean-Marc Cara, Le concert des nations, Éditions 1, 2004.

Quand j’ai relevé le défi d’écrire les paroles et la musique de l’hymne national que je propose ici, je n’ai rien pris à la légère. Porter une parole à l’image de tout un peuple et composer la musique qui lui donne son allant, n’est pas aussi simple qu’écrire une chanson. Un hymne est beaucoup plus qu’une chanson. Un hymne est l’écho du coeur et de l’âme d’une nation. L’image d’une nation doit refléter à la fois ce qui touche son coeur et ce qui active sa pensée.

La thématique
C’est pourquoi la thématique que j’ai proposée dans l’élaboration des huits couplets de la version complète s’est articulée autour des symboles et des valeurs propres à notre nation avec une référence à son histoire (ancêtres et gens venus d’ailleurs) à sa géographie, aux traits caractéristiques de sa culture, à sa langue et à ses valeurs morales.

Le Comité pour un hymne national
Porter le poids de cette responsabilité me fut parfois pénible tellement la justesse dans la sélection des mots pour brosser le portrait culturel d’un peuple m’apparut essentielle. Pour ce faire, les membres du Comité pour un hymne national, initiative de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, me sont venus en aide. C’est d’abord grâce à la demande de Charles Campbell, le véritable instigateur et mécène de cet hymne, que j’ai répondu en venant assister à une séance de remue-méninges en compagnie des autres membres du Comité, messieurs Mario Beaulieu, Daniel Turp, François Cousineau, Richard Quirion, Denis Gougeon et Jacinthe Béliveau.

La musique
En ce qui a trait à la musique, j’ai choisi le refrain d’un hymne au Saint-Laurent que j’avais déjà écrit. Grâce au génie créateur d’Alain Sauvageau qui en a écrit la dernière partie, et surtout, grâce à ses arrangements et à son orchestration, l’hymne ô Kébèk (ô Québec) a pris son ampleur et son majestueux envol. S’inspirant des images contenues dans mon texte, il a créé des références musicales appropriées et, par le choix d’une instrumentaion pertinente, donné à chaque couplet sa couleur symbolique. Ces références sont inscrites sous les versets de l’hymne de même que les mots-clés de la thématique. D’autre part, en symbolisant la voix de toute la nation, l’apport de la Chorale de l’Art Neuf contribue grandement à donner à cet hymne toute sa magnificence.

Les 195 hymnes nationaux
Après avoir lu les textes et écouté la musique de chacun des 195 hymnes nationaux, quelques constantes se dégagent de l’ensemble des textes et musiques. Dans la majorité des cas, la musique est militaire et le texte qu’elle soutient fait souvent appel à la violence, voire à la guerre. À l’inverse de cette tendance historique à la manière de La Marseilleise, et à l’instar de la plupart des pays africains, le texte que je propose avance des images de paix, de beauté du pays et de partage des richesses naturelles et culturelles. Toutes les paroles de mon poème incitent à l’amour du pays, à la solidarité et au rassemblement pacifique.

L’identité d’une nation
Bien sûr, un tel effort d’inclusion de toutes les cultures habitant notre territoire peut sembler s’appuyer sur un idéalisme parfois difficile à intégrer dans la vie quotidienne d’une nation. Cependant, comme un hymne national a pour cause et effet de rassembler la diversité des gens du pays, il doit nécessairement proposer une philosophie de la vie en communauté qui porte l’idéal de l’unité dans la diversité. Est-ce une utopie que de vouloir vivre ensemble dans la paix? Un hymne national doit donner à une nation qui le chante ou l’écoute, un puissant sentiment d’appartenance et d’identité nationale.

La souveraineté
L’hymne national que je propose est l’expression du sentiment national et de la loyauté envers la nation

Pour le révolutionnaire Emmanuel Sieyès, la nation est une entité qui existe naturellement et dont la volonté ne peut s’exprimer que par ses représentants. Elle est la seule source de souveraineté: « Le peuple, c’est la nation. »

Enfin, il se peut que la création de cet hymne soit l’oeuvre la plus importante de ma vie de poète. Alain Sauvageau et moi sommes vraiment fiers de donner à la nation du Kébèk, cet hymne national. Notre voeu le plus cher est qu’en l’écoutant et en le chantant en français, se réallume la flamme de la fierté dans nos coeurs et nos âmes de citoyens et que, de sa lumière naisse le pays souverain du Kébèk.

Raôul Duguay


Ô KÉBÈK (Ô QUÉBEC)



Hymne national proposé

1

Ô Kébèk
Kébèk c’est nous gens d’ici gens de coeur
Pays unique du nord de l’Amérique
Grand peuple uni sous le fleurdelisé
Nation qui fleurit et aspire au bonheur
Sous l’arc-en-ciel de l’amour nous chantons liberté
Au fil des jours nous gardons en mémoire notre histoire
Notre fierté notre victoire c’est de parler français
Et de vivre ensemble en paix

2

Nous gardons vive souvenance de la France
D’où sont partis par un vent d’espérance
Nos chers ancêtres qui en nous ont fait naître
La soif d’un pays où règne l’abondance
Avec les peuples autochtones nous avons fait alliance
Avons appris à parler à l’Esprit de la Terre
Qui nous a fait vivre de la chair des fruits de la nature
Et survivre à la froidure

3

Kébèk c’est nous gens de toutes les couleurs
Gens venus de Grande-Bretagne et d’Irlande
Gens venus d’ailleurs prendre ici demeure
Ensemble échangeons nos savoirs nos légendes
Allons tous à la rencontre de nos ressemblances
Accueillons nos différences respectons nos croyances
Vivons heureux dans l’unité
Notre diversité enrichit notre pays

4

L’héritage de nos mères et de nos pères
C’est le courage de nous tenir debout
Ouvrir nos chemins marcher jusqu’au bout
Grandir souverains choisir notre destin
Lorsque se lève l’aurore nous entendons encore
Résonner fort dans nos coeurs la voix de nos aïeux
Dans leur parlure ils jasent entre eux de l’avenir des enfants
Des enfants de leurs enfants

5

Le Saint-Laurent nage dans notre sang
Coule en nos veines mille vagues d’espoir
Notre grand fleuve berceau de notre histoire
Abreuve notre foi dans nos droits et devoirs
Comme ses eaux nourricières se mêlent à l’océan
Nous embrassons les humains venant d’autres horizons
Notre raison notre passion notre fraternité
Nous engagent à partager

6

Kébèk c’est nous aussi grands que nos rêves
De nos racines monte joyeuse sève
Quand va éclore l’iris versicolore
La vie allélouille l’hirondelle gazouille
Nous baignons dans les beautés de notre immensité
Sous les aurores boréales brame brame l’orignal
Près des bouleaux une merveille
Les ailes au soleil le harfang des neiges s’envole

7

Notre puissance c’est l’imagination
Faire en même temps l’utile et l’agréable
Bâtir un monde équitable et viable
Un monde prospère qui protège la nature
Notre culture a bon vent dans ses vastes voilures
Les lumières de nos esprits rayonnent autour de la Terre
Dans la vibrante symphonie de notre humanité
Nous chantons Je me souviens

8

Nos belles jeunesses voilà notre richesse
La fraîcheur de leurs rêves change le monde
Avec sagesse les aînés leur répondent
Nous sommes ouverts confiants et solidaires
Entre nos générations allons jetons des ponts
Entre les rives du fleuve buvons à la même eau
Avec l’ancien et le nouveau
Créons le beau pays le pays qu’il nous faut
Ô Kébèk
Pays de nos amours

Paroles : Raôul Duguay
Musique : Raôul Duguay, Alain Sauvageau
Arrangement et orchestration : Alain Sauvageau



AUDIO/VIDÉO

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Voir sur YouTube l'enregistrement de la version courte

Voir et entendre sur YouTube le Salut au Drapeau suggéré



SUR LE SITE OFFICIEL DE L'HYMNE (hymnenationalokebek.com) :

Texte de la version complète, commenté par Raôul Duguay

Mot de l'instigateur du projet, Charles Campbell

Explication de la graphie du mot Kébèk

Le courage d'oser, par Pierre-Luc Bégin

Commentaires des proches collaborateurs

Les collaborateurs du projet

"Ô Kébec" nous ressemble et nous rassemble


COMMENTAIRES AILLEURS SUR LE WEB :

Ô Kébek, merci Raôul, par Francine Allard chez Vigile.net


Changeons d'ère!




Un peu d'eau


Nuit blanche à la Grande Bibliothèque





Dans la nuit du 27 février dernier, Raôul Duguay a participé à l’événement théâtral et littéraire Le cabaret pas tranquille à l’occasion de la 8e édition de la Nuit blanche à Montréal dans le cadre du Festival MONTRÉAL EN LUMIÈRE. L'événement était organisé conjointement par Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) et l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ).

Raôul Duguay y a déclamé le poème Kébèk mon beau bébé qu’il avait lu au Gesù en 1972 lors de la mémorable soirée Poèmes et chants de la résistance organisée pour soutenir les prisonniers politiques qu'on accusait d'être liés au FLQ.

Le cabaret pas tranquille fut un succès : plus de 1 800 noctambules ont passé les portes pour entendre les poètes invités.


Le spectacle J'ai soif : « Un très beau cadeau »

Commentaire de Marilou Brousseau après avoir assisté au spectacle de Raôul le 26 février à Val Morin.

J’arrive de Val Morin. Autant l’annoncer d’entrée de jeu : ta performance au Théâtre des Marais a été stupéfiante, prenante, touchante, énergisante... La dernière fois que je t’ai vu en spectacle, je devais avoir quinze ans. De nombreuses années séparent ces deux spectacles. Quelle maturité! Quelle tendresse! Quelle intensité! Tout était si bien dosé ce samedi : tes préoccupations sociales, ta spiritualité, ta folie contagieuse, ton univers musical magique (trompette, chants, musique)… Et que dire de ton charisme, de ton magnétisme puissant? À peine entré, tu as conquis la salle par tes « allllllôôôôôôô », par ta présence à « l’autre », par ta sensibilité bien intégrée, mais touchante, et ce, jusqu’à la fin.

Tu portais si bien le message de « l’eau » que, pendant un moment, il y a eu confusion dans mon esprit et j’ai ressenti une grande émotion montée en moi. Je retrouvais, tout à coup, par la magie de l’imagination, le « Chanteur de l’Eau », celui qui a compris le message si lointain d’une amérindienne pleurant l’inconscience et les « eaux fragiles » d’aujourd’hui. Merci pour : « La soif », « La mer à boire », « Un peu d’eau », « La marée aux mille vagues », « L’eau de Noé », et ma préférée : « La rivière. » TU ES l’alliance entre le passé et le futur, c’est toi qui amènes « l’eau au moulin » des consciences endormies.

Je dois aussi te parler de ta voix. D’accord, elle a des registres étendus, une force surprenante, mais surtout, une expression affective si unique qu’elle captive tout en demeurant un intrigant mystère. Elle a rouuuuulé la voix de Raôuuuuuuul… Elle a aimé la vie et continue de répandre ses magnifiques timbres. Elle me semblait émaner de si loin… et être si présente… Aussi, en parallèle, impossible de mettre en marge ce grand amour que tu portes pour la vie. Il brille comme le fleuve Saint-Laurent au lever de l’aurore.

Comme tu le constates, une écrivaine ne peut écrire que ces cinq mots : BRAVO pour ton magnifique spectacle! Elle a l’obligation heureuse de s’étendre et de réfléchir sur les beautés de la créativité humaine : la tienne. Merci Raôul pour ce magnifique « voyage » dans ton univers. Tu m’as fait un très beau cadeau.

Marilou Brousseau


« Kébèk, miroirs et mémoires » dans les médias


« Le bouleau fleuri »




Raôul Duguay et le 75e de Val-d'Or


Kébèk, Miroirs et mémoires (communiqué)


L'eau de Noé - Conférences La Pocatière Sans Frontières


Le 16e disque de Raôul Duguay dans les médias...














Le spectacle « J'ai soif » dans les médias

Le retour de Raôul Duguay dans nos salles était attendu depuis longtemps. Dans une atmosphère d’intimité le poète, chanteur et musicien nous fera voyager à travers les émotions de ses succès d’antan et de ses nouvelles chansons. Dernière chance d’être vraiment tout près de Raôul.








Source : Le Guide de Cowansville


Source : Québec Info Musique


Source : voir.ca


Source : Le Soleil


Source : Journal de Québec


Raôul Duguay en tournée avec le spectacle « J'ai soif »

Le retour de Raôul Duguay dans nos salles était attendu depuis longtemps. Dans une atmosphère d’intimité le poète, chanteur et musicien nous fera voyager à travers les émotions de ses succès d’antan et de ses nouvelles chansons. Dernière chance d’être vraiment tout près de Raôul.





Poème symphonique en hommage au peintre Arthur Villeneuve

Arthur la peinture
Vu par Raôul Duguay

1. La révélation (avant la peinture)

Gens du royaume du Saguenay–Lac-St-Jean
ALLLÔ
Faites flotter vos molécules de plaisir et de fierté
Car aujourd’hui vous rendez un hommage symphonique
À l’un de vos plus précieux citoyens
L’artiste Arthur Villeneuve
Joyau unique de la culture kébékoise
Et trésor national de notre histoire

100 ans après sa naissance
Ce citoyen ordinaire de la rue Taché
Revient aujourd’hui dans son royaume
Dans le quartier du Bassin qui l’a vu naître et renaître extraordinaire

Arthur Villeneuve est un homme du peuple.
D’abord homme à tout faire
à la Compagnie de pulpe de Chicoutimi
Il devient barbier et coiffeur itinérant.

En 1957, en contemplation
Devant les trésors artistiques de l’église Sacré-Coeur,
Il écoute le sermon du curé Paquet inspiré
par la Parabole des talents où il est dit :
À tout homme qui a, l’on donnera et il aura en surplus
Mais à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a.

Boum Boum Boum Dans la tête d’Arthur Villeneuve
Ces mots ont l’effet d’une bombe à retardement.
Cette révélation, cette grâce de Dieu,
Va changer le cours de sa vie.
Après avoir scruté le fond de son âme
Il constate qu’il n’est pas maître de sa destinée
Qu’il n’a pas encore fait fructifier son talent .

Alors, illuminé par l’oeil du Christ-Roi,
Maître du royaume des cieux et son seul maître,
Il se rend compte qu’il avait
Trop les yeux ouverts pour les avoir fermés.
Soudain, il voit s’ouvrir son troisième oeil, l’oeil de son esprit,
L’oeil qui lui donne la vision
de l’unité des choses de ce monde.

Alors il prend une décision irrévocable:
Partir à la conquête de L’Éverest de lui-même
Trouver et réaliser sa véritable identité
Réinventer sa vie, se hisser à la hauteur de son rêve
Déployer les ailes de sa liberté créatrice:
Voler, voler: peindre

Après sa renaissance il répétait à qui voulait l’entendre:
Je suis habité par une grâce spéciale.
Je serai Arthur Villeneuve, artiste peintre.

Alors sous l’oeil omniprésent de Dieu,
Envahi par un déluge de créativité,
Il se transforme en machine à peindre.
Audacieux il décide de faire
Des murs et des portes de sa maison
Sa première grande oeuvre et sa plus grande toile.

Il y peint plusieurs lieux de pélerinage:
L’apparition de la Vierge Marie aux enfants de Fatima
L’Oratoire Saint-Joseph, la basilisque Saint-Pierre de Rome,
et la Pentecôte à l’église du Sacré-Coeur

Sans relâche, il peint, il peint.
Il peint l’histoire de son royaume:
L’arrivée de Jacques Cartier en Nouvelle-France
La fondation de Chicoutimi, la rivière Saguenay
La Compagnie de pulpe Chicoutimi,
Les Dragons de la préhistoire
Et l’Archange prenant un enfant sous son aile.


Arthur la peinture

2. La liberté (le susconscient)

Mougoubogoubogoboga! ô Stratiotai ! Mougoubogoubogoboga
Mè tomadzété oti kalépows fero tois parousi pragmasin
Irjnosh proplinj jlavavavlututut proflikonflol
bamboulabambat
Émoigar xénos gunos éguénéto patèdupatèsa. Mougoubogouboga!

Est-ce là le langage d’un homme du Cromagnon?
Parce que ce langage est différent,
je vous entends penser et dire:
Raôul t’es fou raide tu délires !
Tu ne parles pas notre langue.
On ne te comprend pas.
C’est le srot de beaucoup de créateurs
Qui ont changé le monde
En quelle langue vous ai-je parlé?
En burlugungluk. Qu’est-ce que le burlugungluk?
C’est une langue que j’ai inventée
Une langue qui vient de mon susconscient
comme dirait Arthur.

Le peintre Arthur Villeneuve a inventé son langage,
Sa technique, son style,
Un style qui lui est parfaitement personnel, unique au monde
Et grâce auquel il a pu créer un autre monde
Un monde parallèle,
Un monde qui a des ailes, qui nous envole vers l’ailleurs.


De son vivant beaucoup de gens
Traitaient Arthur Villeneuve de fou
20 ans après sa mort
Beaucoup de gens applaudissent à son génie
Einstein, reconnu par tous comme un génie, disait :
Celui qui ne peut plus s’émerveiller est pratiquement mort

Certains disaient d’Arthur qu’il avait l’âge mental d’un enfant.
Heureusement, car ce qui fait qu’un artiste est grand
C’est que, devenu adulte, il a su garder son coeur d’enfant,
Sa faculté d’émerveillement.
Arthur la peinture Qui regarde la nature
Les yeux fermés bin durs La tête dans la peinture

Nul n’est prophète en son pays
Malgré les moqueries et les critiques,
Ce peintre, unique au monde a su assumer son destin,
Aller jusqu’au bouttt du bouttt de lui-même
Semer patiemment et moissonner le fruit de son talent.

Dans la plus totale liberté,
Il a peint 4 000 toiles et 2 000 dessins
Qui ont inspiré son fils Michel Poète du crayon couleur et
Dessinateur d’univers fantastiques

Pourtant Arthur n’avait qu’un diplôme de 4ième année
Comment a-t-il pu réinventer la peinture?
C’est parce qu’il a transgressé et transformé
Les règles de l’art conventionnel
Dans la démesure et la continuance de son imagination
Que le peintre Arthur Villeneuve a donné
À l’art pictural du Kébèk un nouveau souffle
Un souffle dont l’écho porte l’âme de son peuple:
Le royaume du Saguenay-Lac-St-Jean

Profondément inspiré par l’oeuvre et la vie
D’Arthur Villeneuve, Jean-Pierre Bouchard, un compositeur
Du Saguenay-Lac-St-Jean a créé en son honneur
Un poème symphonique intitulé Arthur la peinture
Que voici


Arthur la peinture

3. L’appartenance (la continuance)

J’ai peint ma maison pouce par pouce
Comme on gravit une montagne. Je montre les choses
Telles qu’elles étaient dans les commencements
Plutôt que telles qu’on peut les voir aujourd’hui.
Je comprends la vie juste à me promener
Dans la forêt ou dans la ville.

Ces paroles d’Arthur Villeneuve nous révèlent
La vision claire de sa mission sur Terre :
Prendre possession du territoire, des faits et gestes de la société,
Peindre le coeur des choses qui l’entourent ,
Être le miroir de la vie quotidienne de son peuple,
Donner à son royaume une mémoire collective.

À pied ou à bicyclette, grand rêveur réveillé,
lecteur de son univers,
Il photographie du regard le génie des lieux, des paysages,
Il s’imprègne des beautés de la nature saguenéenne.

L’une des caractéristiques géniales d’Arthur Villeneuve
Consiste dans sa création d’une cosmogonie,
d’un univers unifié par la continuance
Ce lien universel, éternel, cette interdépendance
Entre les règnes minéral, végétal, animal, humain et divin.

Arthur Villeneuve définit sa lyrique.
Il a une vision globale du monde dans lequel il vit.
Au delà du réel il jette des ponts
entre l’histoire et la préhistoire,
Nous emmène jusqu’au paradis d’Adam et Ève,
Voire, jusqu’en enfer, jusqu’au temps anciens
Où l’homme était encore mêlé avec les bêtes
Pour lui, comme pour tout poète,
la roche parle, la montagne bouge.
Mais il ne tente pas de reproduire ce qu’il voit.
C’est de son intérieur qu’il sort ses personnages,
ses paysages.
Il les transforme, les recrée en défiant les lois de la proportion et de la perspective
Il peint Alexis le Trotteur, La botte du Géant Beaupré.
Il peint. Il peint. Il peint
Le travail des artisans et des professionnels de son milieu
La tarte aux bleuets, le Carnaval,
La traversée du Lac St-Jean,
Et l’Orchestre symphonique de Chicoutimi
Il peint le royaume du Saguenay.
Gloire à ce trésor national
Gloire au peintre Arthur Villeneuve






L’Algonquin Gabriel Commanda


Dans le cadre du 75e de Val-d'Or, du 35e anniversaire de sa fondation, le Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or organisait, le vendredi 13 août, une journée d'activités pour commémorer le premier valdorien, Gabriel Commanda, dont une cérémonie de consécration à la Source Gabriel, nommée en son honneur. Son ami Jean Cyr, les aînés William Commanda et Dominique (T8aminik) Rankin, Messieurs Raôul Duguay, Pierre Corbeil, député-ministre et madame Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés étaient présents à ces cérémonies.

« C’est après avoir marché des années durant à travers l’or vert de la forêt que l’Algonquin Gabriel Commanda, trappeur et prospecteur, suivant les traces d’un ange déguisé en orignal, fit la découverte de la source qui étancherait la soif des premiers habitants de Val-d’Or. Telle une plante héliotrope suivant la course du soleil, il avait longtemps tourné autour de la source qui porte son prénom avant de trouver un riche filon d’or, ce soleil des métaux. Aujourd’hui, grâce à la baladodiffusion, on écoute de jeunes rappeurs algonquins chanter en français sa mémoire. Allez hop! dansons le hip-hop pour Gabriel! »

Communauté francophone algonquine
Raôul Duguay
7 janvier 2010


AO, la légende : 13e saison


Un moment de grâce...


« [...] Raôul est là, sa conjointe, son frère Raymond, ses autres frères et soeurs de Val-d'Or et bien des visages connus. Nous devons être 200 personnes à peu près. Tout à coup, je ressens comme une grande vague d'émotions en revoyant ces sourires, ces clins d'oeil, cet accueil... [...]

« Josée s'approche du lutrin, elle parle du film réalisé par Dominic [Leclerc], elle pense beaucoup de bien de son talent et de son travail, elle nous raconte l'émotion du cinéaste, l'impression qu'a faite Raôul sur lui, ce qui se ressent vivement dans chaque image, chaque parole, chaque plan-séquence, et dans la facture très épurée du film qui laisse toute la place à Raôul. Télé-Québec est fière, dit-elle, de s'être associée à ce jeune cinéaste de talent pour rendre compte de la démarche de l'artiste, et rendre hommage à l'homme, Raôul Duguay. Et puis elle enchaîne en racontant plein d'anecdotes savoureuses. [...]

« La directrice générale du CEVD et la conjointe de Raôul Duguay, tour à tour, avec simplicité et chaleur, viennent nous présenter l'artiste, peintre, sculpteur, puis l'homme, qui reste bien tranquille, attendant sagement son heure, heureux, chez lui, à Val-d'Or, au milieu des siens à écouter ces présentations. Mesdames et Messieurs, Raôul Duguay!

« Pas un mot de Raôul. C'est sa trompette qui s'exprime. Il se promène à travers nous, jouant une pièce musicale tellement belle, je n'ai jamais rien entendu de si émouvant et de si pur. Il nous regarde tous un par un. Ses yeux sourient. Il tournoie sur lui-même, il marche, se déplace, fait la ronde à lui tout seul et sérénade tout le monde qui est là. Un enfant heureux. J'ai vu hier un enfant heureux, de 71 ans, qui nous présentait ses oeuvres récentes, le président d'honneur du Salon du livre et des festivités du 75e anniversaire de sa ville natale, Dans ce pays qui était comme un oeuf/Le 13 février 1939/J'suis né à Val-d'Or en Abitibi/Dans ce pays qui est encore toutt neuf...

« Raôul termine sa pièce musicale à la trompette en donnant tout ce qu'il a, avec un grand sourire, les bras ouverts. On l'applaudit à tout rompre. Merci. Merci Raôul. Il porte ses mains à son coeur, nous l'envoie avec des bisous, nous fait signe que c'est assez, on se tait, on est sous le charme. Et puis là, c'est là, là, juste là que... à dix pieds de moi...

« A capella, il commence à chanter Moé j'viens de l'Abitibi/Moi j'viens de la Bittt à Tibi/Moé j'viens d'un pays qui est un arbre fort/Moi j'viens d'un pays qui pousse dans le Nord...

« On chante avec lui. Spontanément. Ça vient de notre fond. On chante fort. Le plafond en lève au Centre d'exposition de Val-d'Or. On est fiers. On est de la même famille. De la même race. Du même sang. De la même nature. C'est notre chanson. Celle qu'il nous a donnée. À nous, gens de l'Abitibi, comme lui. Il vient nous la chanter en pleine face, livrée chez lui, chez nous, à Val-d'Or. De toute son âme. Avec fougue et passion. Notre Bittt à Tibi devenue notre hymne, celui que le Québec nous emprunte à la Fête nationale mais qui nous appartient le reste de l'année et qu'on partage tant que vous voulez. On en connaît chaque mot, chaque histoire derrière chaque mot, nos lacs, nos rivières, nos forêts, nos bleuets, notre histoire si jeune, nos pionniers, notre ventre en or... Coooooolonisé... À libérer...

« Un moment de grâce. La Bittt à Tibi en direct devant moi, avec Raôul qui se désâme, beau comme un enfant heureux. Je n'oublierai jamais ça. L'énergie qu'il y avait là. À la fin, dans le À libérer politique et social qu'on a chanté ensemble, il y a eu deux secondes de silence. On a entonné tout de suite Mon cher Raôul, c'est à ton tour de te laisser parler d'amour et il se laissait bercer par nous, les yeux fermés, le grand sourire, la main sur le coeur. On lui devait bien ça!

« C'était hier, entre 5 et 7, et ça a continué de même quand il nous a raconté ses souvenirs, son enfance à Val-d'Or, son attachement à la région, à ses parents, à sa famille, à son monde. J'ai vu ses toiles, majestueuses, magnifiques, ses sculptures, sa talle de bleuets géants, si drôle, sa source, la source Gabriel qu'il l'appelle. Ici, on sait que c'est de Gabriel Commanda qu'il s'agit mais aussi de la Maison de soins palliatifs à Val-d'Or, La Source Gabriel. Ses combats pour l'environnement, l'eau, ses prises de position pacifiques mais efficaces et acharnées, pour l'or bleu, source de vie. La région aux 100 000 lacs, les eskers, les rivières, l'Harricana... Cooooooolonisé... À libérer.

« Oui, oui, j'ai vu le film de Dominic. Fabuleux de vérité, de sobriété, de respect pour l'homme et l'artiste. J'irai le revoir. C'est pas loin, Val-d'Or... »

Extrait d'un billet de Francine Turbide alias Zoreilles,
reproduit avec l'autorisation de l'auteure et de
Turbide communications.


Raôul Duguay reçoit le Mérite du français dans la culture

Val-d’Or, le 28 mars 2010 –

Raôul Duguay reçoit le prix du Mérite du français
par le maire de Val d'Or, M. Fernand Trahan


L’auteur-compositeur-interprète Raôul Duguay a reçu le Mérite du français dans la culture à l’occasion de la Francofête 2010. C’est au Théâtre Télébec, au cours du gala tenu à Val-d’Or, Francoville 2010, que le Mérite lui a été remis en présence du ministre responsable des Affaires autochtones et ministre responsable des régions de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec, M. Pierre Corbeil, du consul général adjoint de France à Québec, M. Jean-Charles Bou, et du maire de la Ville de Val-d’Or, M. Fernand Trahan.

Cet artiste à la fois auteur, compositeur, interprète, poète et philosophe, est connu non seulement pour la très populaire chanson «La Bittt à Tibi», mais également pour ses nombreuses collaborations artistiques, notamment avec le groupe l'Infonie et pour le spectacle multimédia AO La fantastique légende. Humaniste engagé, il continue d'intervenir sur la scène publique, plus particulièrement en ce qui concerne les ressources humaines et les ressources naturelles. La trajectoire de sa pensée et de sa créativité est marquée par une constante : l'unification de l'art, de la science et de la conscience.

Pour toutes ces raisons, l'UDA, l'UNEQ et la SARTEC, en collaboration avec l'OQLF, ont choisi de lui décerner le Mérite du français dans la culture 2010.

Rappelons que le Mérite du français dans la culture a été décerné l'année dernière à Jocelyn Bérubé et, auparavant, à Chrystine Brouillet (2008), à Robert Lalonde (2007), à Fred Pellerin(2006), à Richard Desjardins (2005), à Clémence DesRochers (2004), à Kim Yaroshevskaya (2003), à Marie-Éva de Villers (2002), à Marcel Dubé (2001), à Andrée Lachapelle (2000), à Gilles Vigneault (1999), à Gérard Poirier (1998) et à Marc Favreau (1997).

Communiqué du Gouvernement du Québec

Lire aussi :
Mérite du français dans la culture : Raôul Duguay récompensé, par Piel Côté, dans La Frontière, édition du 30 mars 2010
Hommage à Raôul Duguay, par Stanley Péan, Président de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois, au nom du jury du Prix du Mérite du français dans la culture